Quitter un poste permanent à Stanford pour enseigner en ligne

Du nouveau dans la carrière de Sebastian Thrun, un des enseignants qui a offert avec Peter Norvig le cours ouvert d’intelligence articielle à Stanford l’automne dernier, ainsi que le rapportait ma collègue Francheska Gaulin le 29 novembre 2011.  Il laisse son poste de professeur (tenured faculty; mais conserve le titre de chercheur à Stanford) afin de fonder Udacity une nouvelle entreprise qui offrira des cours en ligne.  Donnant une conférence à Munich en Allemagne, il eut en marge de cette annonce étonnante des commentaires qui ne manqueront pas de susciter la controverse :

« Mr. Thrun told the crowd his move had been motivated in part by teaching practices that evolved too slowly to be effective. During the era when universities were born, “the lecture was the most effective way to convey information. We had the industrialization, we had the invention of celluloid, of digital media, and, miraculously, professors today teach exactly the same way they taught a thousand years ago,” he said.

He concluded by telling the crowd that he couldn’t continue teaching in a traditional setting. “Having done this, I can’t teach at Stanford again,” he said.

[…] 

Teaching the [open online] course at Stanford, Mr. Thrun said, showed him the potential of digital education, which turned out to be a drug that he could not ignore.

“I feel like there’s a red pill and a blue pill,” he said. “And you can take the blue pill and go back to your classroom and lecture your 20 students. But I’ve taken the red pill, and I’ve seen Wonderland.”» [nos emphases; le dernier commentaire est une allusion au film de science-fiction ‘La Matrice’ des frères Wachowski (1999)]

L’article évoque le fait que des 200 étudiants inscrits pour le cours en présentiel l’automne dernier, seule une trentaine ont continué à fréquenter la classe et mentionne que 160 000 personnes auraient suivi le cours ouvert en ligne.  Thrun espère que 500 000 étudiants s’inscriront au premier cours offert par Udacity, qui enseignera à des non-programmeurs comment construire un engin de recherche à la Google…

Derrière Udacity on trouve Know Labs, une compagnie en plein recrutement et financée par Charles River Ventures…

Source :
DeSantis, Nick, « Stanford Professor Gives Up Teaching Position, Hopes to Reach 500,000 Students at Online Start-Up », Wired Campus – The Chronicle of Higher Education, 23 janvier 2012.

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Commentaires

  1. Eric Chamberland a écrit:

    Hmmm… Pas sûr que toute cette initiative soit motivée par un soudain et profond élan pédagogique. La motivation commerciale me paraît évidente.

    Pour mettre en oeuvre de la FAD de grande qualité, les recherches les plus récentes insistent sur l’accompagnement offert aux étudiants à divers niveaux (pédagogique, administratif, affectif/motivationnel, etc). Difficile d’imaginer un tel accompagnement si la formation est dispensées à si grande échelle. Difficile d’imaginer l’évaluation (tant formative que sommative) d’habiletés de haut niveaux et de compétences dans un tel contexte. Comment peut-on évaluer des compétences avec des tests à choix multiples? Poser la question, c’est y répondre.

    Je ne dis pas ce ces initiatives n’ont pas leur place pour certains apprentissages. Mais on ne peut pas prétendre que ce modèle de FAD soit une panacée aux maux de l’éducation post-secondaire. Il faut être conscient de ses limites et passer à d’autres modèles pour les apprentissages qui le nécessitent.

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