De ces technologies qui disparaissent… à portée de main

Relayé par @frederic_dufour, observations intéressantes d’Arnauld de La Grandière sur MacGénération : « Évolution technologique : Ubiquité et transparence » (19 décembre 2011).  Si on y apprend peu de nouveau, le recul que propose le journaliste est bienvenue.

Il y est question de deux tendances opposées et complémentaires qui contribuent entre elles à modifier significativement le paysage technologique et, à terme, éducatif.  J’ai nommé l’informatique dans les nuages (associée aux appareils mobiles et à l’infrastructure réseau mondiale) [i.e. l’ubiquité] et les interfaces utilisateurs naturelles (Natural User Interface ou « NUI » en continuité avec les interfaces graphiques « GUI ») [i.e. la transparence].

Si, d’un côté, nos plateformes de travail se dématérialisent dans le Nuage, de l’autre les interfaces tactiles, kinesthésiques (à la Kinect) et bientôt vocales les rendent plus immédiates, voire intimes.  Ainsi, ce commentaire du professeur Randall Davis du MIT, recueilli par l’auteur :

Il y a une sorte d’observation standard que l’on fait depuis un moment, sur le fait que les technologies ont tendance à évoluer, en commençant par être remarquables et extraordinaires, puis en faisant partie de la routine, pour finir par devenir invisibles, et lorsqu’elles sont invisibles vous savez qu’elles ont vraiment réussi. Un exemple classique de cette évolution, c’est l’électricité et l’énergie : d’abord c’était extraordinaire et c’était évident, puis c’est devenu la routine et maintenant c’est invisible.

Parce qu’elle est partout, elle est omniprésente, vous n’y pensez plus, elle est là quand vous en avez besoin, et ça n’a rien de nouveau, mais clairement ça devient de plus en plus vrai de manière continue. Et l’informatique prend la même direction : au départ c’était une chose extraordinaire qui impliquait que vous alliez dans un endroit donné pour l’utiliser, puis chacun a pu en bénéficier sur son bureau, ensuite chacun a pu l’emporter avec soi grâce aux portables, et maintenant bien sûr nous avons des téléphones qui sont plus puissants que certains de ces ordinateurs portables originaux, et bientôt même ceux-ci se réduiront encore pour devenir virtuellement invisibles.

De La Grandière conclut :

Les interfaces naturelles, si elles ont démontré leur intérêt dans les domaines qui sont actuellement les leurs [appareils mobiles surtout pour le moment], peuvent offrir les mêmes avantages sur les ordinateurs dignes de ce nom. Mais l’ordinateur lui-même se voit peu à peu démantelé pour intégrer notre quotidien et se transformer au gré de nos besoins. Comme l’électricité, il se dissout dans notre environnement, pour y être à la fois omniprésent et invisible. De la même manière que l’ordinateur a redéfini la façon de travailler de nombreux métiers, cette évolution de la technologie se ressentira dans notre façon de l’utiliser à l’avenir.

Il ne fait guère de doute que plus aucun smartphone ne sera livré à l’avenir sans écran tactile. Et il y a fort à parier que d’ici peu, les générations à venir considèreront le clavier et la souris, voire le poste de travail lui-même, comme de singulières incongruités.

En quoi ces deux mouvements d’ubiquité et de transparence transformeront les façons d’enseigner et d’apprendre ?  Les cours de demain devront-ils être accessibles partout, en tout temps et, de la manière la plus naturelle possible, par commande vocale ou du bout du doigt ?

Source :
De La Grandière, Arnauld, « Évolution technologique : Ubiquité et transparence », MacGénération, 19 décembre 2011.

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