Clay Shirky, le surplus cognitif et les pédagogies constructivistes

Clay Shirky a écrit abondamment sur le Web et les nouveaux médias. Dans une conférence à l’expo Web 2.0 de 2008 à San Francisco (16m30, en anglais), il énonçait que l’un des chocs importants du 20ème siècle a été l’arrivée du temps libre dans la vie des gens ordinaires. Ce temps libre a longtemps été absorbé par la télé, un médium où le consommateurs est passif. La télé a donc absorbé des millions d’heures que les gens auraient pu consacrer à des occupations plus actives. Shirky nomme surplus cognitif cette disponibilité mentale récemment arrivée dans l’histoire. Il croit que la télé a noyé le surplus cognitif pendant très longtemps.

L’arrivée d’Internet comme média de masse permet aux gens ordinaires de devenir producteurs et d’interagir entre eux. Selon Shirky, c’est ce qui explique le succès du Web social et des constructions collectives telles que wikipédia : le temps requis pour ces activités est simplement enlevé à la télé. Les gens aiment consommer, mais ils aiment aussi participer, produire et partager. Voilà pourquoi Internet capture tant d’heures auparavant consacrées à la télé : il habilite (empower) l’utilisateur et le réseaute. Bref, les média sociaux qui ont émergé d’Internet puisent massivement dans le surplus cognitif qui était anesthésié depuis 50 ans. Les gens adorent participer, ils sont motivés intrinsèquement à participer. Alors faisons-les participer!

Et c’est justement ce que disent les pédagogies constructivistes (incluant les différentes déclinaisons du socio-constructivisme). Belle convergence! En empowerant les étudiants avec des médias interactifs où ils sont acteurs, créateurs, agents de propagation, on puise dans une ressource importante qu’ils sont intrinsèquement motivés à exploiter si on les aborde avec le bon moyen.

Via Hugh MacLeod.

Outlook pour Mac
Attention usagers de FeedDemon, NetNewsWire ou Newgator Inbox!

Exprimez-vous !

*